L’insécurité alimentaire n’est pas une fatalité – elle peut être vaincue.
Haïti et le monde disposent des ressources naturelles (terres, eaux, cheptel) et des connaissances scientifique et technologiques, pour accroitre les productions alimentaires. Des stocks importants existent même. En 1996, pour 1ere fois, un Sommet de Chefs d’Etat et de Gouvernement sur l’alimentation mondiale a été organise par la FAO et a connu la participation des Chefs d’Etat et de Gouvernement de 186 pays dont Haïti. Ils ont adopté une « Déclaration de Rome sur la sécurité alimentaire mondiale et un plan d’action », pour exprimer leur volonté politique et leur engagement à atteindre l’objectif minimum de réduire de moitié, avant 2015 au plus tard, le nombre de personnes qui n’ont pas un accès adéquat à la nourriture. Cinq ans après, un sommet de suivi a fait le constat de certains pays n’avaient pas fait les progrès attendus, mais l’ objectif de 1996 a été reconduit en reconnaissant que pour sa réalisation, la participation de nombreux acteurs étatiques et non étatiques d’où l’adoption d’une déclaration d’alliance internationale contre la faim.
Face à la nouvelle crise mondiale, la FAO a organisé du 3 au 5 juin derniers à Rome une conférence de haut niveau sur la sécurité alimentaire mondiale pour relever les défis de la hausse des prix des produits alimentaires, du changement climatique et des bioénergies.
Le gouvernement sortant avait un plan de réponse qu’il n’a pas pu mettre en œuvre, mais la communauté Internationale a manifesté sa solidarité avec Haïti. En effet dans l’attente de formation d’un nouveau gouvernement, les Partenaires Techniques et Financiers bilatéraux et les agences de financement multilatérales, ont apporté une aide d’urgence (aide alimentaire, appui budgétaire, fournitures d’intrants agricoles : semences, engrais, engins et outillages agricoles) mais encore insuffisante par rapport aux besoins. Les actions structurantes et l’appui aux investissements à moyen et long terme continuent à faire défaut
Les initiatives se poursuivent :
Le Gouvernement sortant a présente à Madrid le 15 juillet, une vision stratégique pour remettre la relance de l’agriculture et de la production nationale au plus haut niveau de l’agenda national (et international) et souhaité un appui technique et financier conséquent de la communauté internationale pour la mise en œuvre du Plan de réponse à l’insécurité alimentaire a travers un document intitulé «Programme national de sécurité alimentaire et de développement rural».
Ainsi le rapport de la mission BM, FAO, FIDA, PAM précitée apportera sur une contribution à la réflexion sur la sécurité alimentaire et le développement rural en Haïti, pour appuyer le Gouvernement dans la finalisation de son PNSADR avec le nouveau gouvernement et aller à la conférence de haut niveau prévue a Port au Prince en automne.
La Chambre des Députés vient de prendre l’initiative d’organiser un séminaire sur la crise alimentaire et la cherté de la vie a l’intention des Parlementaires, des membres du Gouvernement, de la Société Civile, des leaders des Partis et mouvements politiques et des membres des Organisations Internationales
Vous aurez relevé dans toutes les initiatives passées en revue, la sécurité alimentaire interpelle des acteurs divers, le rôle de la société civile dans l’instauration de la sécurité alimentaire nationale et universelle est reconnue.
Le Rotary International, organisation humanitaire par essence de la société civile a toujours considéré le problème de la sécurité alimentaire comme l’un des plus urgents qui se posent au monde.
Depuis près d’un demi-siècle, les Rotariens en ont cherché les solutions.
En 1946, dans un monde ravagé par la guerre et les catastrophes naturelles, ils furent les premiers à offrir leur aide aux affamés d’Europe et d’Asie.
Lors de sa réunion de Mars 1992, le Conseil Central du Rotary International a adopté un manifeste sur la position du Rotary International relative à la lutte contre la faim. Dans ce manifeste, le Rotary International reconnaît entre autres que :
Il faut souligner que le Rotary International a conclu un accord avec la FAO. Il siège comme observateur à ses instances majeures et mobilise les moyens d’une collaboration concrète au niveau local.
Puisse cette conférence donner le top départ d’une coopération fructueuse entre le Rotary Club de Port au Prince et la FAO en Haïti, pour contribuer à juguler la crise alimentaire actuelle et instaurer la sécurité alimentaire pour tous.
Je vous remercie pour votre aimable attention